Le Disque de Nebra – Le Ciel du 6 mars 1535 av. J.-C. révélé…

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Découvert en Allemagne en juillet 1999, le Disque Céleste de Nebra laisse suggérer, au regard de la présence du croissant lunaire et du Soleil au niveau d’un amas de points d’or rappelant les Pléiades, qu’il s’agissait vraisemblablement d’un calendrier luni-solaire agricole antique destiné à anticiper l’arrivée du printemps. Les analyses isotopiques confortèrent par ailleurs cette thèse dans la mesure où le disque de bronze ne pouvait dater que de 1600 ans avant notre ère, soit une période où la Nouvelle Lune printanière se trouvait visible au niveau des Pléiades. Si l’amas stellaire des Pléiades est clairement identifiable, les autres points d’or posent encore question. S’agissait-il d’une modélisation associée à la constellation de la Grande Ourse dessinant son « vortex » annuel ? A moins que les points d’or situés sur les contours du disque ne soient qu’ornementaux et que les cinq autres (en plus des sept constituant les Pléiades) ne dessinèrent la concentration des cinq planètes « traditionnelles » observée entre la moitié du Bélier et les pré-Hyades (Taureau) au moment de la Nouvelle Lune pré-printanière du 6 mars de l’an 1535 av. J.-C. !

En effet, les peuples anciens, depuis la Préhistoire, étaient de grands observateurs du ciel. Leur attention était toutefois attirée par des phénomènes astronomiques d’exception, à l’instar des comètes, des pluies de météorites, des éclipses, des explosions de supernovas, mais aussi des grandes syzygies. Or, il apparaît qu’un grand alignement astral composé des cinq planètes visibles concentré sur 23° fut observé au moment de l’apparition du croissant néo-lunaire au début du mois de mars de l’an 1535 av. J.-C., soit durant le siècle coïncidant avec la datation isotopique du Disque de Nebra !

Reconstitution du ciel le soir du 6 mars de l’an 1535 av. J.-C. à Nebra :

Au coucher du Soleil, nous pouvions en effet distinguer avec certitude le croissant lunaire sous les Pléiades ainsi qu’une syzygie triangulaire impliquant les planètes Vénus, Jupiter et Saturne. Les deux autres points semblent représenter Mars et Mercure. Toutefois, Mercure apparaît comme trop excentrée par rapport aux quatre autres astres errants. Nous pouvons suggérer que Mercure fut incorporée sur ce disque afin de garder l’unité cosmologique des « cinq astres errants » à l’image du Soleil qui se trouve également représenté sur cette image du ciel nocturne…

Le Disque de Nebra révélé (6 mars -1534) :

Il est également douteux de penser que les antiques habitants de cette région de Saxe-Anhalt avaient réellement besoin d’un disque calendaire pour “photographier” visuellement le moment où devait survenir le printemps. Le croissant de la Nouvelle Lune au niveau des Pléiades durant la période du printemps était un fait observable déjà depuis plusieurs siècles. En outre, l’objectif de l’artisan était d’immortaliser l’événement céleste observé durant ce mois de mars de l’an 1535 avant notre ère ! Celui-ci a été réalisé selon toute vraisemblance a posteriori, de mémoire et de manière empirique, ce qui explique les dispositions inversées et l’absence de respect des distances relatives entre les éléments célestes au final “modélisés”. Toutefois, la disposition de l’alignement planétaire, en particulier le triangle Jupiter/Vénus/Saturne, fut globalement respectée.

La piste de l’éclipse définitivement écartée :

Notons que certains auteurs avaient prétendu que le Disque Céleste de Nebra illustrait l’éclipse observée le 16 avril 1699 av. J.-C. en oubliant toutefois de préciser qu’elle n’était visible qu’entre l’Afrique et l’Asie centrale (ainsi qu’au-dessus du futur Temple d’Hathor à Dendérah), et en aucun cas au-dessus de l’Europe !

Ainsi, le Disque de Nebra, en plus d’avoir potentiellement servi de calendrier agricole stellaire, était une photographie d’un événement céleste assez exceptionnel pour inciter les contemporains d’immortaliser sur un disque de bronze orné d’un firmament décoratif périphérique aux Pléiades, les cinq planètes visibles, la Nouvelle Lune et le Soleil…

Patrice Bouriche ©

P.S. : Les 39 trous situés autour du Disque de Nebra ne sont en rien associés à un quelconque cycle astronomique. Frappés sur le revers du disque, il s’agit ni plus ni moins de points destinés à le fixer sur un socle, probablement en bois ou en peau, et qui n’a quant à lui pas résisté au temps…

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