Le Tombeau de Pétosiris – Révélation d’un autre horoscope du Ier siècle de notre ère

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Le zodiaque du tombeau de Pétosiris a pour originalité de présenter des figures europoïdes (blonds aux yeux bleus, peau blanche, etc.) pharaonisés. Daté tantôt du Ier ou du IIème siècle, il s’avère que ce zodiaque se trouve composé par des planètes personnifiées représentées par des bustes comme le faisaient régulièrement les Romains (et les Syriens d’avant l’occupation romaine…).

Les deux historiens des mathématiques David Pingree et Otto Neugebauer considéraient que ce zodiaque ne présentait pas un véritable horoscope de naissance mais qu’il mentionnait des positions astrales simplement associées au culte de Mithra. Or, les astres « humanisés » se situaient dans des secteurs qui ne correspondaient pas aux « maîtrises » et autres « exaltations » cultuelles (Mercure n’ayant d’ailleurs pas les attributs vestimentaires de Mithra).

Après reconstitution, nous pouvons mettre en lumière que le zodiaque de Pétosiris n’est pas une œuvre astrolâtre associée à Mithra mais présente bel et bien l’horoscope d’un natif du 8 mai de l’an 70, datant donc d’une époque où l’Egypte était déjà sous occupation romaine. Voici les positions présentées sur ce zodiaque retrouvé dans l’Oasis de Dakhla :
– Soleil en Taureau (représenté par un homme ayant un Soleil entre des cornes de taureau)
– Vénus, Mars et Mercure en Bélier (Mercure est représenté avec un double visage, l’un clair et l’autre rouge pour signifier sa conjonction avec Mars)
– Jupiter en Lion
– Saturne en Balance
– Lune en Vierge (placée en opposition au signe de la Vierge afin d’être représentée sous l’horizon, soit sous l’Ascendant calculé dans ce même signe)

Le zodiaque se trouve d’ailleurs orienté de manière précise. L’Est se trouve occupé par l’Ascendant (la Vierge), le Méridien de la Carte (Maison X) se trouve orienté vers le Sud tandis que le Nord (Maison IV) se trouve en direction du Sagittaire et du Scorpion. C’est ce seul indice géographique qui nous permet de reconstituer l’heure de naissance, mais rien ne permet toutefois d’affirmer que l’auteur de cette œuvre n’ait pas inversé le sens de la représentation au regard du visage de l’Ascendant tourné vers les Poissons, et non vers la Vierge… L’orientation de ce visage peut toutefois représenter la garde des ténèbres (soit les signes cachés) à titre de protection du défunt, ce qui s’avère être le plus plausible.

Tombeau du zodiaque de Pétosiris (horoscope du 8 mai 70) :

Carte du ciel reconstituée de l’Horoscope de Pétosiris (avec Proastro) :

La position de la Lune a pu dérouter bon nombre d’égyptologues. Il est toutefois un élément qui permet de comprendre le raisonnement de la distribution des signes zodiacaux. Ainsi, nous constatons que la Vierge se trouve suivie, non pas par le signe de la Balance, mais bien par le signe des Poissons (son opposé). Le sens des signes à partir des Poissons se trouve inversé, comme s’il signifiait celui des profondeurs (les signes cachés, de l’invisible, placés sous l’horizon).

Cette adaptation artistique fut probablement motivée par le manque de place dans le cercle zodiacal, la Vierge ayant été représentée debout et de manière bien trop petite pour placer au-dessus d’elle la Lune personnifiée qui aurait empiété la Balance et le Scorpion. Dans la mesure où la Lune se trouvait sous l’horizon au moment de la naissance, son placement derrière le signe de la Balance et face à la Vierge permettait de justifier cette adaptation.

Nous relevons également que les Nœuds Lunaires semblent avoir été représentés par un cercle situé au milieu de cette carte du ciel stylisée. En effet, Vénus, conjointe au Nœud Lunaire Nord, se trouve représentée à l’intérieur d’un cercle au même titre que Saturne, seul astre situé dans le signe opposé de facto occupé par le Nœud Lunaire Sud ! La dimension nodale de cette représentation se trouve d’ailleurs confirmée par la présence des crocodiles dans ce cercle qui, le cas échéant, se substituaient au Serpent dans la symbolique nodale de l’Ouroboros. Quant au Soleil situé au méridien, il ne pouvait se trouver qu’au milieu de la carte du ciel.

La plupart des historiens dataient le tombeau entre l’an 54 et l’an 84. Toutefois, d’autres estimèrent que celui-ci était contemporain de la décennie 120, à l’instar des cercueils zodiacaux thébains. Il est certain que la réalisation d’un tel tombeau ne peut être que post mortem et qu’il n’a pu être conçu qu’après le décès de Pétosiris. La conception de ce tombeau au cours du second siècle de notre ère peut donc être validée aussi bien chronologiquement qu’esthétiquement.

Ceci démontre une nouvelle fois que les représentations des douze signes zodiacaux en Egypte sont tous contemporains des débuts de l’occupation romaine ! Notons au passage que le premier à évoquer les travaux astrologiques des mythiques Nechepso-Pétosiris n’est autre que Thrasyllus, astrologue de Tibère et dont le fils Balbillus édifia le zodiaque du Dendérah lorsqu’il devint Préfet d’Egypte !

Patrice Bouriche ©

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