La Canicule – La Petite Chienne ardente des astrologues romains

La reprise soudaine de l’activité solaire, bien que faible, depuis le mois de mai (marquée entre autres par un pic de taches le 22/23 qui se manifesta par un certain rituel à Manch’Esther) concourt en ce début d’été climatique à la survenue du phénomène dit de canicule qui a conduit les obscures autorités à proposer un numéro de téléphone dédié incluant le fameux “666” afin de l’affilier aux feux de Saint Jean (qui ne sont pas ceux du Baptiste, mais plutôt donc ceux de l’Apocalypse)…

L’expression de « Canicule », venant de la constellation romaine Canicula (soit « La Petite Chienne » nommée Procyon par les Grecs [et Antecanis par les Romains] comme le précise le poète romain Properce [47-15 av. J.-C.]), se trouvait corrélée chez les Romains au lever de l’étoile Sirius de l’actuel Grand Chien au moment des fortes chaleurs d’Eté lorsque le Soleil se trouvait à 1° Lion (soit au niveau de l’étoile Ras Elased Australis avec l’ayanamsa Alrisha 8°) un mois environ après le solstice d’Eté comme le précisa Pline l’Ancien au Ier siècle.

Charles-François Dupuis précisa qu’Horace (65-8 av. J.-C.) désigna la Procyon caniculaire (soir l’actuelle Grand Chien et son étoile Sirius) comme Atrox Canicula, expliquant pourquoi les Romains offrirent des chiennes rousses en sacrifice à son lever afin d’atténuer ses ardeurs… Notons que le Chien fut féminisé par les Romains en raison des divers cultes stellaires associant parfois Sirius à Cybèle ou à Isis.

On peut voir ci-dessous que l’étoile Sirius  située à droite au niveau de la langue du Grand Chien d’Orion des Grecs (ou de la Petite Chienne des Romains) se levait bien à l’horizon quelques secondes avant le Soleil le 19 juillet de l’an 81 av. J.-C. lorsque celui-ci se trouvait à 1° Lion comme le spécifia l’historien Pline l’Ancien, soit à une époque où l’on envoya les notables romains et leurs enfants parfaire leurs études à Rhodes. Nous pouvons constater aussi que les astrologues romains héritèrent bien du système d’étalonnage zodiacal chaldéo-séleucide (voir le Tome II de “L’Histoire secrète de l’astrologie”):

Il est important de rappeler que les auteurs de l’Antiquité comme Hyginus amalgamèrent Procyon à Sirius ou les assemblèrent dans une seule constellation (nommée « Chien d’Orion » ou « Petite Chienne »). L’œuvre attribuée à Eratosthène [IIIème siècle av. J.-C.] précise en ce sens que Procyon est nommé « le précurseur du chien (c’est la canicule ou petit chien), car il monte et descend avant le grand. » La Canicule aurait donc été pour lui Procyon (précurseur du Chien) et non Sirius (le Chien) !

Procyon, du temps de Cicéron [Ier siècle av. J.-C.] qui la nomma le premier Ante Canem (soit l’Avant-Chien), se levait durant l’Eté dès le 9 juillet juste avant le Soleil pour être clairement distinguée par les astrologues tandis que « l’ardente » Sirius vomissant « le feu par sa gueule redoutable » était visible avant le lever du Soleil dès le 19 juillet. Notons que le lever héliaque de ces deux étoiles (soit l’alignement mathématique parfait à l’horizon) se faisait respectivement un jour avant.

Il est à nouveau important de rappeler que le bestiaire céleste est depuis la Préhistoire associé aux sacrifices animaliers. De la stèle zodiacale préhistorique d’Isturitz aux chiennes rousses sacrifiées des Romains pour calmer les ardeurs de Canicula, en passant par les rituels ashtorethites des Darkabbalistes comme celui de Manchester, nous pouvons constater que le mode opératoire visant à contenter la superstition de certains groupes d’individus n’a au final pas évolué…

Patrice Bouriche ©

1 Comment

  1. Super! On vient vraiment d’ apprendre quelque chose.De plus, ce sont deux étoiles remarquables on dirait, surtout pour Sirius. C’ est fou le nombre de célébrités qui ont des aspects ‘habités’ par ces étoiles ‘soeurs’.On dirait que c’est tout le territoire d’Orion, des deux chiens et des Gémeaux qui corrèle avec des trajectoires exceptionnelles.

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