6 juillet 1439 – Le secret du zodiaque sidéral de San Lorenzo révélé…

Il existe en Italie une originalité sidéraliste qui se trouve matérialisée par une carte du ciel astronomique à l’intérieur même d’un édifice chrétien. Il s’agit en effet d’un planétarium peint par Giuliano Pesello (1367-1446) sur la voûte de la chapelle de la Sagrestia Vecchia de San Lorenzo à Florence, et qui représente une partie du ciel constellé (des Poissons à l’Ouest à la Vierge à l’Est). Toutefois, cette œuvre d’apparence sidérale, indiquant les positions du Soleil en début de Cancer et de la Lune au niveau du mufle du Taureau, fut sans aucun doute composée à partir de longitudes fournies par de simples éphémérides tropicales dont les positions furent forcément converties pour les besoins de l’œuvre. Certains astronomes ayant reconstitué le ciel de l’époque estiment en outre que le planétarium représente les positions des luminaires “observées” le 4 juillet 1442 vers 10h20 au-dessus de Florence.

Planétarium de San Lorenzo :

On relève toutefois aussi qu’aucun des cinq autres astres traditionnels ne s’y trouve représenté. Ces planètes auraient dû en effet figurer sur la voûte en compagnie de la Lune et du Soleil dans la mesure où elles se trouvaient également situées entre la fin du Bélier et la fin du Lion (sidéral). Or, dans un contexte tropical, l’impossibilité de placer Mars (située au niveau du ventre de la Vierge) sur ce planétarium (qui allait jusqu’à la tête de la Vierge) aurait pu dissuader l’artiste de placer les quatre autres planètes.

Néanmoins, cette œuvre illustre assurément les positions sidérales du Soleil et de la Lune marquant un événement « céleste » acté le 6 juillet 1439 comme le suggéra l’historienne allemande Gertrud Bing et non celle de la matinée du 4 juillet 1442 qui ne se trouvait associée à aucun événement d’une telle portée. Ainsi la bulle bien nommée Laetentur Coeli (« Que les Cieux se réjouissent ») relative aux « Unions entre les Eglises (Orientales et Occidentales)» fut-elle signée lors du Concile de Florence le 6 juillet 1439 au moment où la Lune se trouvait à 9°12’ Taureau sidéral (soit avant Prima Hyadum comme sur le planétarium) et le Soleil à environ 5° Cancer sidéral. Notons que la latitude de la Lune sur le planétarium à cet instant fut par ailleurs respectée dans la mesure où elle se trouvait réellement à « hauteur » proche de l’étoile Prima Hyadum (étoile du mufle) [à moins de 1°]. Au 4 juillet 1442, la Lune à la même heure se serait trouvée bien après Prima Hyadum (+3°12’), à plus de 14° Taureau, soit au-dessus de l’œil droit du Taureau matérialisé par l’étoile Aldebaran (15°)… Cette dernière reconstitution n’est donc pas valide !

Reconstitution de la position de la Lune avec Stellarium :

L’objectif de cette œuvre était donc bien de faire le lien entre le vrai ciel et l’appellation « céleste » de la bulle papale d’Eugène IV (1431-1447) ! Si l’on constate que certains savants du pouvoir chrétien de l’époque se référaient secrètement et « moralement » au sidéral, nous pouvons voir que lorsque les Hommes cherchent à se rapprocher spirituellement du Ciel, ils ne s’en remettent qu’au vrai ! Ce planétarium resta toutefois une exception durant cette période de l’Histoire noyée sous la domination du « tout tropical »…

Patrice Bouriche ©

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